Le cœur et la tête

Le cœur demeure le siège de la vie du moi véritable et c’est par le cœur que la rencontre décisive avec cette vie cachée se réalise. Les portes du cœur nécessitent cependant une pleine ouverture, bien dégagées de tous débris encombrant. Un certain degré de sublimité du cœur apparaît indispensable pour faire l’expérience de l’âme et sa pure conscience. Cette pureté du cœur ne peut s’acquérir promptement et découle d’une foule de facteurs d’ordre moral et spirituel. Nous savons en outre, que le cœur de quiconque suit le cours normal de sa sublimation par la succession des vies, par le service, par l’épreuve, par la prière et par la méditation. Lorsque le cœur a atteint une certaine radiance, sa vibration influence le cerveau et place ce dernier dans une disposition qui le permet d’accéder à des connaissances et des révélations impossibles à assimiler autrement.

C’est par la purification de notre cœur que nous parviendrons à enrayer la négativité régnant dans notre esprit. Notre cœur est en effet le maîtreRésultats de recherche d'images pour « coeur spirituel » insoupçonné de notre intellect et il demeure le facteur déterminant les aptitudes de notre cerveau à la transcendance. Le désencombrement émotionnel du cœur occasionnera une meilleure vacuité mentale, ce qui facilitera grandement la discipline de l’esprit, car soulignant que l’harmonie et la sérénité tant recherchées découlent de la suppression de la négativité. Par la discipline de la méditation, de la purification du cœur et de la recherche de la vacuité, le mental perd l’habitude des comportements pernicieux. Ainsi, le méditant échappe progressivement aux rigoureuses contraintes de son esprit. Son mental clarifié par les pratiques spirituelles, devient de plus en plus apte à se tenir frais et calme sous la lumière de l’âme. C’est en effet grâce à cet état peu commun qu’il fait des expériences spirituelles toujours plus significative.

Le cœur et la tête sont intimement liés et les échanges énergétiques entre les deux procèdent toujours du cœur vers la tête. Les mystiques du monde subissent une transformation de leur cerveau grâce à l’intimité divine qu’ils ont réalisée dans leur cœur. Leur ouverture à l’amour divin est à la fois la cause de leur élévation spirituelle mais également la raison pour laquelle ils jouissent d’aptitude mentale transcendante. Comprendre le mystère de Dieu relève de capacités intuitives et non pas intellectuelles. Seul le cœur ardent, ouvert à la lumière du dedans, muni le cerveau de telles dispositions.

Notre cerveau demeure le pantin du cœur. C’est en soumettant notre cœur à l’amour qui nous est sous-jacent, que l’œuvre de sublimation s’opérera en nous et permettra à notre cerveau de percevoir ce qui lui a toujours été voilé. La connaissance initiatique n’est accessible que par l’établissement d’une véritable intimité avec son propre cœur. C’est en trouvant notre vulnérabilité que l’amour inné, l’ultime agent de guérison, saura nous révéler le sens de notre identité authentique.

Il ne peut y avoir de spiritualité vivante sans que le cœur ait été ouvert à l’amour, comme il est impossible de comprendre le mystère de Dieu sans que le cœur ait été purifié.

Résultats de recherche d'images pour « coeur spirituel »La relation cœur et cerveau doit être soigneusement comprise par le lecteur s’il désire vivre l’enseignement en se rappelant que l’abc de la voie intérieure demeure la guérison du cœur. C’est là le portail du sentier de l’évolution spirituelle et nul réel progrès ne peut être envisageable avant que le cœur ait perdu son blindage usuel. Notre ego a établi en notre cœur une foule d’émotions rattachées à sa nécessité de survivance. L’ego ne veut pas mourir, ni disparaître. Il désire intensément être quelqu’un à part entière. Cette armure enveloppe le cœur et le méditant devra un jour la percer afin de trouver les richesses cachés derrière.

Bien des aspirants à la méditation ont peine à calmer leur mental et se découragent rapidement, croyant qu’ils ne seront jamais aptes à une si noble discipline. Il serait heureux qu’ils reconnaissent que la placidité de leur mental découle des conditions dominant leur coeur. Nous sommes tous sujets au vagabondage mental lors de nos premiers pas dans la méditation et cet état aura tôt fait de s’atténuer avec le développement de l’intériorité et l’amélioration de notre alignement avec le vrai moi ou l’âme. L’anxiété dominante, chez ceux qui aspirent à l’union, n’est pas irrévocable et elle peut s’atténuer de façon significative lorsque l’amour de l’âme amorce son appropriation par le cœur. En effet, lorsque le flot de la vie de l’âme commence à s’infiltrer par le cœur, ce dernier s’apaise en entraînant une diminution progressive de l’agitation mentale. La pleine stabilité du mental ou vacuité viendra bien plus tard, lorsque ce dernier sera entièrement dominé et conduit par la lumière de l’âme. L’objectif d’atteindre le silence mental à tout prix chez les débutants en méditation demeure une erreur commune. Bien des choses doivent se réaliser en nous avant que le mental s’établisse dans le silence sublime. Nous devons à la fois traverser une longue purification émotionnelle, mais également entraîner notre esprit à voir et à contempler notre réalité supérieure. La force de concentration et de contemplation sur les états élevés de conscience dérive de l’indescriptible besoin ressenti dans le cœur de trouver l’illumination et de réaliser la libération. La puissance spirituelle d’un être est égale à la puissance de son amour pour le but ultime.

Paul Beaudry, Randonnée céleste, Quebecor, 2008