Le karma

Nos renaissances ne sont pas un châtiment de Dieu mais bien une nécessité de récurrence de l’âme. En effet, le dessein de l’âme est de parvenir à la perfection spirituelle ou la pleine identité au Soi divin existant en elle. Il n’y a pas de but plus ultime à nos renaissances. Cette divine communion s’effectuera au bout d’un périple incommensurable composé des milliers de conséquences heureuses et tragiques, engendré par des actions antérieures. La loi de causes à effets ou du karma est au cœur de cette vaste Existence qui nous contient tous. Cette loi règne afin de préserver l’équilibre universel et diriger les âmes en incarnation dans la direction de l’amour et du bien. Nous apprenons donc par nos erreurs, nos manquements et notre égoïsme. D’une façon ineffaçable, nos actions bonnes et mauvaises s’inscrivent dans les mémoires de l’âme et demeurent conservées jusqu’à ce que les fruits bons ou amers soient récoltés.

Notre karma détermine la couleur que notre vie prendra et la liberté que nous aurons. Le meilleur exemple que nous puissions trouver pour Résultats de recherche d'images pour « réincarnation »illustrer cette idée est celui ci : Notre karma égal celui d’une laisse qui lie le maître à son chien. Plus la laisse est longue, plus le chien a de liberté au bout de la laisse. Mais cette liberté demeure limitée.

Nos vies ne ressemblent pas à des statuts figées dans le marbre, mais plutôt à des modèles que nous pouvons modifier à notre guise. Nous sommes les sculpteurs et nos vies ; le bloc de marbre dans lequel le ciseau courre afin de faire surgir notre création. Le karma n’est donc pas statique, mais se définit comme un mouvement dynamique épousant les intentions du créateur. Les orientaux ont adhéré à tort à la croyance que le karma individuel est une enclume indélogeable du cœur et que rien ne peut être fait pour en modifier la destiné. C’est là la raison la plus profonde pour laquelle nous retrouvons chez les populations orientales autant de fatalisme et de misère humaine. Cette croyance encourage l’inertie mentale et l’apathie physique avec pour conséquence des sociétés analphabètes et superstitieuses. De plus, cette croyance est sans doute responsable de la spiritualité pessimiste des orientaux qui suggère d’anéantir le désir afin de se libérer au plus vite de la roue des renaissances. Nous sommes tous nés pour être libre et créer notre vie à la mesure de l’idéal que nous portons en nous. Nos vies sont rien d’autre que notre planche à dessin sur laquelle, avec un choix de couleur limité par nos actions passées, nous créons une œuvre singulière égale à nos connaissances de l’art.

La connaissance des lois de la vie et de la mort conférera, à celui qui se donne la peine de les étudier et les assimiler en son coeur, une allégresse et une aisance jusqu’alors inconnue. L’idée est de mettre un terme aux erreurs passées, à la jalousie, à la haine, à l’envie et à l’insensibilité aux autres. Lorsque les leçons difficiles du karma ont été apprises par la rétribution, lorsque le mal semé a été récolté et tourné contre nous, l’angoisse générée purifie le cœur et prépare l’être à une compréhension plus élevée des buts de l’existence. Nos fautes passées et nos erreurs oubliées ont, en vérité, la même source ; l’égoïsme. C’est en effet le péché fondamental, le plus puissant et le plus lamentable de tous. Le responsable de nos souffrances, de nos malheurs et de nos peines innombrables. Jamais une seule vie ne serait assez longue, assez riche de spiritualité pour diluer la totalité de ce venin.

Résultats de recherche d'images pour « réincarnation »La compréhension de la loi de rétribution ou du karma apporte une paix et une sérénité impensable autrement. Lorsque nous comprenons que le hasard n’existe pas et que les épisodes heureux et désastreux d’une vie sont les conséquences de ce qui préexiste en l’âme en incarnation, la vie perd son sens tragique. Nous acceptons alors que les affligés de ce monde sont victimes d’eux mêmes. Victimes des actions commises en un temps inconnu. La misère humaine prend alors une toute autre perspective, perdant sa signification morbide. Notre vision de l’homme change pour se transposer en une image positive pleine de promesse. Nous sommes les co-créateurs de nos vies, des dieux qui s’ignorent, soumis à des lois justes et simples. Lorsque la notion de victime disparaît des horizons de nos croyances, la vie s’élève à des niveaux de possibilités absolument illimitées. Tout est possible pour celui qui se sait responsable de son bonheur comme de son malheur. Tant que l’on demeure dans la croyance que nos peines sont causées par les autres, aucun espoir n’est permis.

La connaissance de la loi du karma nous protège d’une foule d’erreurs et nous assure des existences enrichissantes. Tant de gens traversent leur vie, ignorant que leurs actions, leurs paroles, leurs méchancetés et leurs duretés envers les autres s’inscrivent en eux, pour être portés au registre des démérites futurs. C’est là une pauvre ignorance dont le poids a des conséquences catastrophiques. Ils sont si nombreux à se détruire les uns, les autres, pour le profit de leur fierté, leur pouvoir sur les autres et de leur reconnaissance sociale. Il y a un prix énorme à se cacher derrière une orgueilleuse ignorance des lois de la vie et de la mort.

Paul Beaudry